mercredi 8 mai 2013

Le mouvement "Monnaie Honnête" est lancé!

Ca y est!

Avec Claire Boine et mon cousin Chris, nous avons lancé "Monnaie Honnête".

Nous avons déjà des sites web, avec .org et .fr, et un message de bienvenue est en ligne depuis une heure.
 

Il s'agit d'un mouvement francophone, inspiré en partie des propositions de "Positive Money" en Royaume Uni.

"Monnaie Honnête" cherche à sensibiliser le public aux causes réelles de la crise économique à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui.

Nous pensons qu'il existe des solutions, mais elles demandent de revoir les bases même de notre système monétaire.

Dans un premier temps nous nous alignons sur les six propositions de base de Positive Money:  


  1. Retirer aux banques le pouvoir de créer de l'argent
  2. Donner ce pouvoir à une instance  au fonctionnement transparent et démocratique 
  3. Créer de l'argent sans dette
  4. Assujettir la création monétaire à des objectifs décidés démocratiquement
  5. S'assurer que l'argent créé soit directement injecté dans l'économie réelle sans transiter par les marchés financiers 
  6. Assurer aux individus la transparence et le contrôle de la façon dont leur argent est investi 
D'autres idées vont suivre.

Pour promouvoir ces idées, nous créons une association loi 1901, et nous cherchons des gens qui partagent nos principes.

Les idées de Monnaie Honnête n'ont rien de politique, elles relèvent du simple bon sens. Ce sont des idées qui peuvent être reprises par l'ensemble des partis politiques, de droite comme de gauche. 

Nous espérons qu'avec d'autres associations qui ont déjà vu le jour dans les autres pays d'Europe, il serait possible de porter ces idées lors des élections Européens en 2014.


Nous croyons sincèrement que l'on peut changer le monde! 

Pour plus d'informations vous pouvez contacter dès maintenant Claire Boine ou Simon Thorpe  

dimanche 14 avril 2013

Ma nouvelle présentation Youtube "Comment éliminer la dette publique de l'Eurozone sans austerité"

J'ai honte. Ca fait vraiment plus de 8 mois que je n'ai rien mis sur mon blog en français?

Bon, pour essayer de me rattraper, voici une nouvelle présentation Youtube ou vous pouvez admirer mon accent.

Il s'agit d'un enregistrement d'une présentation que j'ai donné hier soir dans le village de Montbrun-Bocage, où on m'a invité à parler pendant une journée sur la thème "La "démocratie" est-elle soluble dans la crise? (ou l'inverse". Voici l'affiche de la réunion...

J'ai bien expliqué que, contrairement à ce qui est marqué sur l'affiche, je ne suis pas du tout économiste! Merci aux organisateurs pour l'invitation. J'étais très heureux de pouvoir faire ma première vraie conférence publique sur l'économie. J'ai bien apprécié la possibilité de débattre avec les gens présents, ainsi qu'avec l'économiste François Morin, avec qui j'ai partagé le plateau.

N'hésitez pas à me donner vos réactions - soit ici, soit sur le site Youtube.

samedi 23 juin 2012

Des Propostions for une Réforme Radicale du Système Monétaire

Et voici. Ma toute nouvelle présentation Youtube....


C'est une version française de ma présentation "Some Radical Proposals for Montary Reform"  que j'ai téléchargée le weekend dernier.

Les principales propositions comprennent deux idées qui ont déjà été proposées comme des gens comme Bill Still, Ellen Brown, James Robertson et le groupe Positive argent (ainsi que Andrew Jackson, Abraham Lincoln, Thomas Edison et JRR Tolkien, pour n'en nommer que quelques-uns!). Tous ont fait valoir que la création de monnaie par les banques commerciales devrait être interdite, et que la création de l'argent devrait être faite sans dette par les états, par l'intermédiaire du Trésor aux Etats-Unis, ou via des banques centrales dans la plupart des autres pays. Ce changement permettrait d'économiser des milliards de l'argent des contribuables qui ont été versés aux banques en tant que frais d'intérêt injustifiés. Les montants sont époustouflant. Les contribuables américains ont payé 8,5 billions de dollars en frais d'intérêt depuis 1988, et les contribuables dans les 27 pays de l'Union européenne ont payé € 5.6 mille milliards depuis 1995. C'est plus de la moitié de la totalité de la dette des états, et il est totalement inutile.Une nouvelle idée est la proposition que la création monétaire par les gouvernements devrait être limité à des actions qui bénéficient d'un soutien massif de citoyens. Je suggère que le seuil pourrait être aussi élevée que 90%. Les décisions pourraient être faites en utilisant un référendum, ou à l'avenir par une certaine forme de système de vote électronique.La seule critique réelle des systèmes dans lesquels les gouvernements sont autorisés à créer de l'argent libre de dette et qu'il y a potentiellement un risque d'inflation. Ma deuxième proposition principale propose une solution qui évite ce problème. L'idée serait d'introduire une taxe sur les transactions financières variable qui sera automatiquement utilisé pour retirer de l'argent en excès du système. Au premier signe de l'inflation, le taux de la TTF serait automatiquement augmenté pour éponger l'excédent. Et s'il y avait la déflation, le taux serait diminué. Le niveau optimal pour la masse monétaire pourrait être déterminée par une autorité indépendante. Notez que cette autorité indépendante n'aurait rien à dire sur la création de l'argent par le gouvernement. Son seul rôle serait de faire varier le taux de TTF  afin de maintenir le niveau de la masse monétaire à un niveau optimal.Dans un tel système, il n'y aurait pas besoin de faire correspondre les dépenses publiques et les recettes fiscales. En effet, les dépenses du gouvernement pourrait être augmenté afin de couvrir les coûts de tout projet qui reçoit un soutien massif du public. Cela permettrait d'augmenter la quantité d'argent naturellement avec l'expansion de l'économie. Il permettrait à un retour au plein emploi, parce que tant qu'il y a des tâches à accomplir dans l'économie, il serait utile de créer l'argent au niveau de l'état afin  de payer les gens à remplir ces tâches. En effet, tant que il y avait encore le chômage et les capacités inutilisées dans l'économie, il est probable que la taxe FTT pourrait avoir un taux très faible.Notez que le régime permettrait d'éviter la possibilité que les gens puissent «vivre de l'État» sur les prestations. A moins que quelqu'un était incapable de travailler, ou qui avaient déjà atteint l'âge de la retraite, il est presque certain qu'ils seraient en mesure de faire quelque chose d'utile. Il est probable que 90% de la population préfère voir des gens payés pour faire quelque chose d'utile pour la société (payés avec l'argent du gouvernement nouvellement créé) que de leur fournir de l'argent pour ne rien faire.Ce sont des idées radicales qui pourraient vraiment changer le type de société dans lequel nous vivons.

lundi 11 juin 2012

Le Secret d'Oz.... un film génial de Bill Still

Si vous suivez mon blog en anglais, vous savez que je suis depuis peu fan des documentaires de Bill Still - "The Money Masters" (1996) et "The Secret of Oz" (2010).

Et ben, bonne nouvelle. Il existe une version en français "La crise économique? Explications  et comment y remedier".

A voir absolument!!

Si vous voulez savoir sortir de la crise - consacrez 2 heures de votre vie pour regarder ce film.

Il y a également une version sous-titrée en français de "The Money Masters" 

lundi 28 mai 2012

Anéantir la Dette

Et voila! Encore une autre présentation Youtube en Français. Cette une version en 13 minutes de ma présentation en Anglais intitulée "Debt Annihilation".

Je propose une nouvelle piste de sortie de la crise de la dette. Spécifiquement, j'envisage la création d'une banque "cityonne" dont le but est d'utiliser le système de création d'argent utilisé par les banques commerciales ("fractional reserve banking") afin de générer "l'argent" nécessaire pour anéantir la dette.

Je donne l'exemple de la Grèce où le gouvernement doit €350 millions. Pour pouvoir créer cette somme, il suffit d'avoir une banque avec un minimum de €30.4 milliards en dépôts, car la réglementation "Bâle III" accepte qu'une banque ne puisse avoir que 8% en dépôt. L'argent crée pourrait être être prêter au gouvernement Grecque pour une période de 1000 ans au taux de 0.0%. Cette argent pourrait être fournis par les contribuables Grecs qui, de toute manières ont payer 15 milliards en intérêts en 2011. En 2 ans, le montant investi pourrait être remboursé.

Le même mécanisme peut être utilisé à tous les niveaux, du niveau national, régional et municipal. Il peut également être utilisé pour sauver les entreprises et les universités de la piège de la dette, ainsi que les individus surendettés.

Alors que la création de monnaie par les banques commerciales est de la pure folie (toute la création de l'argent devrait être dans les mains de banques centrales et dans l'intérêt des citoyens), en attendant son abolition nous pouvons utiliser ce mécanisme pour réparer les dégâts provoqués par des décennies de prêts totalement irresponsables.

lundi 30 avril 2012

Comment régler la crise de la dette - 15 minutes sur YouTube

Je viens de mettre sur Youtube une version française d'une présentation appelée "Solving the Debt Crisis". Ca s'appelle "Comment régler la crise de la dette". La voici


Il s'agit d'une version corrigée. En effet, la version originale, mise en ligne le 29 avril, était truffée d'erreurs. Merci à Michèle et Cécile pour leur aide! L'originale avait déjà eu 29 visites et 2 "J'approuve" avant que je l'enlève. J'espère que cette nouvelle version (qui est un peu plus court) va plaire.

Espérons que ce type de proposition puisse trouver un écho dans la grande publique. En effet, je pense que les arguments sont très fort.

Pour ceux qui n'arrive pas croire que la dette est pratiquement entièrement du à notre système de création de l'argent, où les banques privées ont le droit de fabriquer de l'argent qu'elles ne possèdent pas, le prêter aux gouvernements et demander des intérêts, je vous conseil vivement ce video de 13 minutes

jeudi 22 mars 2012

Mes presentations en Français sur YouTube!

J'ai fait une présentation de mes idées au Toulouse School of Economics le 5 mars 2012. Comme j'ai passé pas mal de temps à préparer la présentation, j'ai décidé de préparer des versions sur YouTube.

Donc, depuis hier, vous pouvez maintenant me voir en train d'expliquer ma proposition de replacer l'essentiel des taxes actuelles par une seule taxe sur les transactions financières. En plus vous pouvez apprécier mon accent impeccable... ;-).

D'abord, je vous conseil la version courte (14minutes 45 seconds) que vous pouvez trouver ici

Sinon, si vous êtes courageux, j'ai filmé la version longue qui durent 41 minutes. Pour le charger sur YouTube j'ai du le découpé en quatre parties.  Les voici.

D'abord la première partie
Deuxième Partie
 
Trosième Partie
 
Quatrième Partie
N’hésitez pas à laisser des commentaires, soit sur le site YouTube, soit ici. Je vais essayer de répondre à tout le monde.

Et n'hésitez pas non plus à cliquer sur "J'approuve"! ou d'envoyer les liens vers vous amis et collègues.

Amusez vous bien! Que la révolution commence!

samedi 14 janvier 2012

Comment briser la mainmise des agences de notation.

Pour la version originale en anglais, cliquer ici.

Standard & Poors vient de déclasser la note pour neuf pays de la zone euro, y compris la France, qui a perdu son statut de "triple A". Nous pouvons donc nous attendre à des mesures d'austérité sanglantes parce que les banques vont réclamer encore plus d'intérêts qu'elles ne le font déjà. Vrai?

Faux!! Il n'est absolument pas nécessaire que les contribuables à travers l'Europe soient obligés d'accepter ce chantage.



L'une des raisons de la dégradation de la note S&P de la France est que les banques françaises sont trop exposées, après avoir prêté de grosses sommes d'argent au gouvernement grec, des sommes que les Grecs  ne peuvent pas rembourser. Ce n'est guère surprenant étant donné que les taux d'intérêt qu'ils paient viennent d'augmenter encore une fois, de 17,92% en Novembre, à 21,14% en Décembre, ce qui signifie que leurs paiements d'intérêt sont maintenant en train de manger 30,6% de leur PIB. Ce niveau d'intérêt est complètement stupide. Peut-être la prochaine étape sera de leur offrir des prêts de type "payday" à 4000%, comme ceux offerts à des millions de gens désespérés au Royaume-Uni?

En réalité, il existe deux façons parfaitement raisonnables de sortir de cette situation ubuesque. La première est basée sur l'idée que j'ai proposé récemment que tire avantage du paragraphe 2 de l'article 123 du traité de Lisbonne, qui permet à la BCE de prêter aux établissements de crédit publics. Ce fait a été délibérément occultée par Mario Draghi, qui prétend que le traité de Lisbonne l'empêche de prêter aux gouvernements. D'après lui, et la quasi-totalité des commentateurs, il n'a le droit  de prêter qu'aux banques commerciales.


Ainsi, lors de la prochaine journée d'activation de la planche à billet que la BCE compte organiser le 29 Février prochain, un établissement de crédit public tel la Caisse française des Dépôts et Consignations pourrait parfaitement emprunter € 340 milliards auprès de la BCE, et le prêter au gouvernement grec, qui pourrait alors utiliser l'argent pour rembourser intégralement les €340 milliards de ses dettes envers les banques. Immédiatement, les Grecs seraient en mesure de rembourser la dette via la Caisse des Dépôts à la BCE à 1%, au lieu du taux 21,14% actuellement imposé par les banques.


Tout le monde devrait être heureux. Les Grecs pourraient économiser quelques € 67 milliards par an en paiements d'intérêts. Mais cela signifie aussi que les banques et les gouvernements dans les autres pays n'auront plus de soucis à cause de leur exposition à la dette grecque. Les chiffres sont présentés dans ce graphique tiré d'une reportage de la BBC.


Ainsi, la France serait en mesure d'amortir € 56,7 milliards d'exposition,  l'Allemagne pourrait récupérer € 33,9 milliards, et même le Royaume-Uni serait en mesure d'annuler € 14,6 milliards. Ca vaut la peine n'est ce pas?


Ceci ne devrait être que du  bon sens pour le gouvernement français. Alors pourquoi ne pas le faire? Allez Sarkozy - faites le dès maintenant, et dites à Standard and Poors ce qu'ils peuvent faire avec leur notes!


Mais il y a une deuxième façon d'extraire les Grecs des sables mouvants dans lesquels ils sont engloutis. Et pour cela, nous n'aurions même pas à attendre la prochaine journée de cadeaux pour les banques de la BCE prévue le 29 Février. Le fait est que, après le 21 Décembre, lorsque la BCE a jeté € 489 milliards d'argent bon marché  dans les bras de 523 banques, la plupart de cet argent a été aussitôt redéposé à la BCE - où le taux de rémunération se limite à 0,25%. Quand j'ai demandé à la BCE qui avait emprunté cet argent, et de combien, on m'a dit qu'il s'agissait d'informations confidentielles. Nous n'avons donc aucun moyen de savoir qui sont ces banques qui n'ont rien de mieux à faire avec 479 milliards.

Mais cela signifie qu'il y a des banques qui se sont assises sur une montagne d'argent qui pourrait très bien être utilisé pour résoudre la crise grecque d'un seul coup. Lundi dernier, il y avait € 464 milliards garés avec la BCE. De toute évidence, les banques sont totalement désemparées. Donc, étant donné l'absence totale
d'idées intelligentes, pourquoi ne pas les obliger à prêter au gouvernement grec les €340 milliards nécessaires pour l'annulation de ses dettes?

En principe, les banques devraient être volontaires pour faire une telle démarche. Après tout, les banques françaises pourraient récupérer  €42 milliards immédiatement. Mais, même si elles ne veulent pas, il doit y avoir un moyen pour la BCE de faire pression sur elles pour se comporter de façon responsable?


Si elles refusent, et je crois qu'elles en sont capables, alorsce serait la démonstration la plus claire possible que les marchés libres sont totalement incapables de fonctionner dans l'intérêt général. En effet, la seule interprétation que je puisse offrir est que les banques refusent de prêter de l'argent au gouvernement grec car cela transgresserait la première loi de la banque - à savoir, si vous pouvez forcer les gens à accepter un prêt à 21,14%, vous ne devriez jamais leur permettre d'obtenir de l'argent à 1% - même si la conséquence directe est l'effondrement total du système financier.


Donc, au total, deux façons parfaitement viables pour résoudre la crise. Une qui pourrait être mise en œuvre aujourd'hui, l'autre qui doit attendre le 29 Février.


Y-a t'il quelqu'un qui écoute?

lundi 9 janvier 2012

Des idées originales pour une taxe sur les transactions en France

Ceci est une version française d'un post en anglais sur mon autre blog. 

Il ya une second voie vraiment dynamisante qui pourrait faire que la France joue un rôle essentiel dans la révolution que la crise financière actuelle exige. C'est l'annonce récente que Nicolas Sarkozy ne fait pas que mettre tous son poids pour obtenir une taxation des transactions financières, mais qu'il est prêt à faire cavalier seul si nécessaire. Je suis sûr que sa position actuelle est largement électoraliste, mais il semble être sérieux. Dans le même temps, il a beaucoup été question de l'idée de remplacer les "Cotisations sociales" par  une «TVA Sociale». C'est une idée qui a été introduite en Allemagne pour réduire les coûts de l'emploi et de stimuler les exportations, mais en France, où les exportations constitue une partie beaucoup plus faible de l'économie, ce serait un désastre total. Augmenter le TVA de 3% (apparemment le chiffre en cours de discussion) tuerait la demande des consommateurs, déclenchant une récession encore plus grande.

Alors, voici une suggestion originale. Pourquoi ne pas combiner la réduction ou l'abolition de ces «charges sociales»  avec la proposition de Sarkozy de proposer une taxe sur les transactions financières? Actuellement, ces «Cotisations sociales" rapportent environ 386 milliards d'euros par an à l'état. 164 milliards sont pour la santé, les prestations familiales, la formation etc,  tandis que 221 milliards concernent  les retraites et les allocations de chômage (j'ai obtenu ces chiffres dans l'ouvrage fascinant par Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, appelée "Pour une révolution fiscale - Un impot sur le revenu pour le XXIème siècle").


Avec  des transactions financières
visibles s'élevant à environ 268 milliard d'euros par an en France (les chiffres proviennent du rapport préliminaire de la BIS pour 2010 qui est sorti en septembre dernier), une TTF modeste de seulement 0,1% permettrait carrément l'élimination d'une des composantes de la "Cotisations sociales" sans avoir besoin d'augmenter la TVA.

Mais la TTF pourrait également jouer un autre rôle éventuel. Et là encore, la France pourrait faire office de fer de lance. Dans mon post récent, j'ai soutenu l'idée que le gouvernement français pourrait emprunter de l'argent auprès de la BCE au taux très favorable offertes aux banques commerciales (environ 1%) en passant par un "établissement de crédit de propriété publique», à savoir la Caisse des Dépôts et des Consignations. De telles structures sont autorisées à emprunter de l'argent de la BCE, un fait qui est resté un secret très bien gardé. La raison est simple. En forçant les gouvernements à emprunter auprès des banques, ces mêmes banques ont été en mesure d'avaler 3,73% du PIB de la zone euro en frais d'intérêt au cours des 15 dernières années, un taux qui est maintenant passé à un incroyable 4,25%. Est-il vraiment surprenant que Mario Draghi, le nouveau chef de la BCE, et qui était précédemment Directeur Europe de Goldman Sachs, la banque connue sous le titre de "blood-sucking vampire squid», impose un droit de veto sur tous ces types de prêts aux gouvernements? Serait-il possible qu'il agisse pour protéger cette opération extrêmement lucrative pour son ex-patron et autres parasites due secteur bancaire?


Citoyen Naif, l'un des commentateurs sur mon post "Eureka" , a signalé un problème potentiel. Ces «agences publicques de crédit" doivent apporter des cautions afin d'obtenir des prêts. Et devinez quoi, c'est les agences de notation qui, normalement, doivent donner ces cautions. Ma première réaction a été "Mon dieu, ils ont vraiment pensé à tout!". Les agences Moody's, Standard & Poor et Fitch pourraient décider que la garantie apportée par la Caisse des Dépôts pour emprunter les €1,59 milles milliards nécessaires au remboursement des banques est insuffisante. Et nous voilà toujours sans moyens d'action immédiat.


Mais en regardant plus en détails les organismes qui sont autorisés à évaluer les garanties auprès du Eurosystem Credit Assessment Framework (ECAF). on trouve (outre
les agences de notation standard), cinq systèmes "Inhouse Credit Assessment Systems" (ICAS), dont l'un est .... La Banque de France! Je suis sûr que la Banque de France serait en mesure de donner une côte de crédit adapté aux actifs proposés par la Caisse des Dépôts!

Mais comment le gouvernement français pourrait-il rembourser les € 1590 milliards à la BCE? Va-t-il prendre un prêt sur trois ans et ensuite dire que tout sera payé avec les intérêts  le dernier jour du terme, comme font aujourd'hui les gouvernement avec les marchés? Une telle décision ne ferait que maintenir la folie du système actuel dans lequel les gouvernements sont en permanence en train de ré-emprunter de l'argent pour rembourser le dernier prêt. Trois ans plus tard, le gouvernement français pourrait être obligé de se mettre à nouveau à genou devant les marchés. Un très mauvaise idée.


Mais j'ai une autre suggestion qui pourrait corriger le système pour de bon. Le gouvernement français pourrait rembourser cet argent sur une période déterminée en utilisant une taxe sur les transactions financières dont le taux peut varier automatiquement afin de garantir que les paiements soient effectués tous les mois. En dehors de toute autre chose, cela pourrait être inscrit dans les statuts, afin d'imposer une véritable règle d'or pour les comptes publics, où les dépenses sont obligatoirement compensés par des recettes. 


Supposons que nous devions rembourser les € 1590 milliards sur 10 ans. Cela nécessiterait de rembourser environ 160 milliards d'euros par an. Avec les transactions visibles de près de 238 mille milliards
par an, ce remboursement pourrait être réalisé avec une taxe sur les transactions financières de  seulement 0,07% - une valeur guère plus grande que celle de 0,05% proposée par  Nicolas Sarkozy.

Quand j'y pense, un tel système serait tellement plus intelligent que le système actuel qui a été clairement inventé par le secteur bancaire pour lui permettre de siphonner un maximum d'argent de l'économie. Et jusqu'ici, ils en ont bien profité. Mais un système qui fonctionne sur la dette continue emprunte une spirale infernale. Prenons un couple de jeunes mariés qui peut emprunter 200 milles euros pour acheter une maison, avec l'objectif de rembourser la somme dans sa totalité augmentée des intérêts de 3.7% le dernier jour de l'emprunt. Bien sûr, il sera très tenté d'oublier le prêt pendant 10 ans pour se trouver avec une dette gonflée à 310 milles euros pour laquelle il leur faudra réemprunter. C'est la fameuse spirale de l'endettement qui a complètement déréglé tout le système financier.


C'est un comportement absurde. Au contraire, il faut rembourser les sommes dues à  échéance régulières, jusqu'à la fin des 10 ans, date à laquelle la dette sera soldée. Si une TTF de 0,07% n'est pas suffisante pour générer les 160 milliards d'euros nécessaires chaque année, alors il faudra l'augmenter. Mais qui pourrait soutenir que, même doublé, un taux aussi faible deviendraient insupportable? 


De toute évidence, l'application d'une TTF à taux variable rendrait les remboursements à la BCE facile à mettre en place.  Alors, quelqu'un peut-il me donner une bonne raison  pour ne pas le faire dès maintenant?

La France, peut-elle sortir l'Europe de la crise?

Ceci est la version française d'un post sur mon blog en anglais.

En tant que résident en France depuis 1982, je suis particulièrement enthousiaste à l'idée que c'est peut être la France qui pourrait nous conduire hors de la crise de la dette. Certains événements récents me donnent des raisons réelles d'être optimiste. Dans ce post, je vais parler de la possibilité d'utiliser la Caisse des Dépôts pour emprunter de l'argent à la BCE. Dans un second post, je vais commenter l'impact des propositions de Nicolas Sarkozy concernant l'introduction d'une taxe sur les transactions financières. 

Le premier événement majeur a été la publication dans Le Monde la semaine dernière d'une tribune de Michel Rocard et Pierre Larrouturou. Michel Rocard est un homme politique français très connu et très respecté  qui fut premier ministre sous-François Mitterand. Pierre Larrouturou est également un économiste très respecté - auteur de plusieurs livres, dont un très récent «Pour eviter le Krach Ultime" est fortement à recommander - voir ici. 

Rocard et Larrouturou mettent le doigt sur un fait vraiment incroyable qui a été ignoré par pratiquement tout le monde. Ils soulignent le scandale des taux d'intérêts demandés aux États,  des taux d'intérêt de 600 fois celles offertes aux banques commerciales
 
Ils ont également souligné un point j'avais également noté dans mon blog du 1er Janvier. Le point de vue -largement accepté-
que le traité de Lisbonne interdit à  Mario Draghi et de la Banque de prêter aux gouvernements,  n'est qu'une imposture. C'est un mensonge propagé sans relâche par les médias, les politiciens, et par le gouvernement allemand. 

En fait, le paragraphe 2 de l'article 123 de ce traité autorise expressément la BCE et les autres banques centrales à prêter à des «établissements publics de crédit». Et quand j'ai expressément demandé à la BCE, mercredi dernier, si un tel établissement de crédit pourrait prêter à des gouvernements, la réponse a été claire. Ils seraient traitées comme des banques, et en tant que tels, ils sont donc libres d'utiliser l'argent de la BCE comme ils l'entendent. 

Par conséquent, dans mon post de jeudi denier ("EUREKA") j'ai soutenu l'idée que, puisque la BCE a déjà prêté des quantités d'argent illimitées d'argent à toute banque qui le demande - 479 milliards d'euros au 21 Décembre - une autre journée «portes ouvertes» étant programmé pour le 29 Février, la solution se trouvait là. Les établissements publics de crédit comme, par exemple, la Caisse des Dépôts et Consignations en France peut parfaitement emprunter tout l'argent qu'ils veulent auprès de la BCE, aux mêmes conditions que celles offertes aux banques commerciales (1% sur 3 ans), le prêter ensuite directement à leur gouvernement, qui peut alors payer la totalité de sa dette auprès des banques. Les banques n'auraient plus l'emprise qui leur permet d'étrangler les états, et qui leur permet de dicter les politiques gouvernementales. La menace des agences de notation de dégrader le cote triple A accordé aux états, avec comme impact l'envolée des coûts d'emprunt n'existerait plus. C'est en effet en utilisant ce type de chantage que les banques ont réussi à extraire € 4300 milliards des poches des contribuables de la zone euro entre 1995 et 2010, un nombre qui constitue 3,73% du PIB de l'ensemble de ces 17 pays. Et avec l'augmentation des taux d'intérêt que les banques ont été en mesure d'imposer depuis le début de la soi-disant "crise Eurozone", les sommes siphonnée par les banques a été portée à € 391 milliards par an, soit 4,25% du PIB.


Comme je l'ai souligné, cela ne peut pas être justifié. Rappelez-vous que, la plupart du temps, les banques qui «prêtent» de l'argent aux gouvernements ne possède pas "réellement" l'argent qu'elle prêtent. Elles ont juste à le créer de toutes pièces par le «miracle» de la "fractional reserve banking". Et  lorsque elles ont besoin d'augmenter leurs finances un peu plus pour maintenir leurs réserves au niveau minimum imposé, il leur suffit se solliciter Mario Draghi pour qu'il leur donne tout ce qu'ils veulent à 0,5% ou 1% d'intérêt. Et ceci avec quasiment aucun risque. Depuis 15 ans, et alors que la probabilité de défaut souverain était effectivement nul, ils ont écrémé entre 250 et 320 milliards d'euros de l'économie de la zone euro chaque année. Maintenant, ils sont allés trop loin en réclamant des taux totalement obscènes - 18% dans le cas de la Grèce par exemple. Mais ils ont quasiment tué la poule  aux œufs d'or car l'arnaque est enfin découverte par des gens comme Rocard et Larrouturou (et plus modestement par moi dans une certaine mesure). Le Magicien d'Oz a fait tourné l'arnaque pendant des décennies, mais l'arnaque est enfin  dévoilée. Et les 99% n’accepteraient plus cette aberration.   

Alors voyons comment cela pourrait fonctionner en France. La France doit actuellement au système bancaire un total de 1591 milliards d'euros. Supposons que la Caisse des Dépôts et Consignations, établissement public créé en 1816, se présente à la BCE le 29 Février  pour déclarer qu'il souhaite emprunter 1591 milliards d'euros.  Comme l'offre de la BCE est illimitée, cela ne devrait pas poser un problème. Pour la  BCE il suffit de taper une rangée de chiffres dans un tableur, et bingo, l'argent est là. C'est ce que les banques centrales peuvent faire. 

Supposons maintenant que l'argent soit immédiatement transféré au gouvernement français au même taux d'intérêt (avec peut-être un petit peu en sus), et  que cet argent soit immédiatement utilisé pour rembourser tous les prêts en cours avec le système bancaire. L'avantage immédiat et évident: le gouvernement français n'aurait besoin de payer les intérêts qu'au taux de la BCE, c'est à dire environ 1%, au lieu des 3,41% actuellement imposés par les marchés. Cela permettrait d'économiser au contribuable français 70% du coût des intérêts qui vont actuellement directement aux banques - soit environ 38 milliards d'euros par an. Pourquoi passer par les banques quand vous pouvez obtenir la même somme pour beaucoup moins cher. Il suffit de shunter l’intermédiaire. Après tout, les banques ne font absolument rien pour justifier les revenus massifs qu'ils obtiennent.

Cette opération aurait un deuxième impact. Les banques qui avaient prêté au gouvernement français pourraient récupérer la totalité de leur argent, ce qui permettrait de stabiliser le système bancaire en réduisant l'exposition des banques à la dette souveraine. Notez au passage que, si vous pouvez penser que remettre1591 milliards aux banques serait  leur donner beaucoup d'argent pour jouer à nouveau, la plus grande partie de cet argent est purement fictive, destinée à  disparaître au moment où les dettes sont remboursées. En d'autres termes, l'opération aurait effectivement peu d'impact inflationniste - l'une des préoccupations du gouvernement allemand. En fait, utilser l'argent de la BCE pour rembourser la dette des gouvernements est infiniment mieux pour la stabilité de la monnaie que de simplement donner de l'argent aux banques, comme Mario Draghi et Mervyn King sont si heureux de faire. 

Je ne vois absolument aucune raison pour ne pas utiliser cette possibilité. Si le gouvernement français ne le fait pas, c'est qu'il n'agit pas  dans l'intérêt des contribuables français.

samedi 10 décembre 2011

Comment mettre en place une taxe sur les transactions financières sans le Royaume Uni

Hier, David Cameron a effectivement bloqué tout espoir d'obtenir une réforme du système bancaire au niveau des 27 pays de l'Europe. Je ne sais pas sur à quel point sa décision a été motivé par le besoin de pacifier les quelque dizaines de députés farouchement eurosceptiques qui lui ont demandé de montrer du "Bulldog spirit" face à l'Europe, ou par le besoin de satisfaire ses financiers de la Cité de Londre qui espèrent prolonger le "business as usual" malgré les déboires de 2008.

J'ai fait de mon mieux pour promouvoir l'idée que l'introduction d'une taxe sur les transactions financière serait fantastique pour les citoyens britanniques. En effet, les transactions financières en Grande-Bretagne dépassent sans doute un million de milliards de livres (c'est un "1" suivi par 15 zéros). Ainsi, avec un taux de 0.1% (celui proposé par la Commission Européenne) le gouvernement Britannique pourrait récupérer jusqu'à 1000 milliards de livres de revenu - une somme largement suffisante pour supprimer toutes les autres taxes (taxes sur le revenue, sur les sociétés, TVA etc), qui elles ne rapportent que 580 milliards par an.

Malheureusement, il semble que la City a suffisamment de pouvoir de lobbying pour faire capoter toute tentative - au moins tant que le gouvernement actuel est en place. C'est vraiment très déprimant.

Mais, il existe un lueur d'espoir. Avec le gouvernement britannique hors jeu, les 26 autres pays de l'Europe pourraient se mettre ensemble pour trouver des solutions plus intelligents. En effet, Sarkozy et Merkel sont tous les deux en faveur d'une taxe sur les transactions financières. Ils sont également en faveur d'une règle d'or qui empêcherait des pays de proposer des budgets déséquilibrés. Dans ces conditions, il me semble qu'il existe une voie très intéressante.

Comme j'ai souvent dit, l'un des attraits d'une Taxe sur les Transactions Financières est le fait que le taux peut être ajusté - chaque jour si nécessaire. Mais un autre avantage est que le taux peut varier selon les pays. Dans sa proposition, la commission Européenne a proposé que lorsqu'une transaction implique deux pays, les deux doivent toucher une partie des revenus. En effet, une moitié irait au gouvernement du pays à l'origine de la transaction, et l'autre moitié au gouvernement du pays receveur.

Or, rien n’empêche d'avoir des taux différents dans les deux pays. Supposons que pour rembourser ses dettes, le taux en Grèce soit de0.3% alors qu'en Allemagne le taux est fixé au niveau de base - disons, 0.1%. Supposons ensuite qu'un tour opérateur en Allemagne ait à verser €100 000 à un hôtel en Grèce. Dans ce cas, le gouvernement Allemand toucherait la moitié de 0.1% des €100 000, c'est à dire €50, et le gouvernement Grec récupérerait la moitié de 0.3%, c'est à dire €150. Coût total de la taxe: €200 ou 0.2%. Et bien évidemment, le taux serait pareil si un importateur Grecque achetait pour €100 000 chez BMW ou chez Mercedes.

Bien sur, si les taux appliqués en Grèce et en Allemagne variaient, cela ne poserait pas de problème. L’Allemagne pourrait garder son taux très bas (car elle aurait les ressources nécessaires), alors que la Grèce (comme l'Espagne, le Portugal, l’Irlande et l'Italie) pourrait appliquer un taux plus élevé afin de rembourser ses dettes. Aucun problème. Il faut dire que, même à 0.3%, le taux serait dix fois plus faible que la taxe sur les transactions de 2.99% appliquée par la quasi-totalité des sociétés de cartes de crédit au Royaume Uni chaque fois qu'un vacancier britannique achète quelque chose à l'étranger!

Je n'arrête pas d'entendre que l'Euro ne pourrait jamais marcher car il serait impossible d'avoir la même devise partout dans une zone avec tant de variations régionales. Ceci est, à mon avis, totalement faux. Il n'y aucun problème pour que le taux de taxation de base en Grèce soit trois fois plus important qu'en Allemagne. Certes, quelqu'un souhaitant spéculer sur les marchés des devises ne déciderait pas de le faire à partir de la Grèce, mais, de toutes les manières, ce type d'activité n'a quasiment aucune véritable utilité. Et je doute que les Grecs puissent être perturbés si les spéculateurs travaillaient ailleurs.

Permettre aux pays de déterminer eux-même le taux à appliquer aurait également des effets très bénéfiques pour la démocratie. Prenons le cas des élections en France prévues pour 2012. Si le mécanisme des FTTs était déjà en place, les différents partis politiques pourraient faire des propositions spécifiques qui seraient financées en fixant le taux au niveau nécessaire. Ainsi, l'UMP pourrait faire campagne en promettant le taux de la taxe le plus bas en minimisant le financement du secteur publique, des retraites etc. En face, les socialistes pourraient proposer de doubler le taux à  0.2% afin de pouvoir augmenter le financement de l'éducation, la recherche, la santé, le transport public, les énergies renouvelables etc, tout en pouvant apporter les garanties d'un budget en équilibre. Dans une telle situation, c'est les électeurs qui pourraient choisir. C'est ça la démocratie.

Bien sûr, il est très difficile de prédire les revenus qui pourraient être générés par une taxe sur les transactions de 0.1% appliquée sur les 26 pays. Le problème est que la B.I.S. (Bank for International Settlements) n'analyse les données que pour 6 de ces pays (France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie et la Suède). Personne n'a la moindre idée des montants des transactions dans des pays aussi critiques que la Grèce, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande, sans parler des autres. Il va de soi que la première priorité pour les 26 pays est d'instaurer des rapports détaillés pour tous les pays. Il faut dire qu'avec le Royaume Uni à l’extérieur, les britanniques n'auront plus la possibilité de bloquer l'adoption de tels mesures. Ouf....

Or, je parie que dès qu'une taxe sur les transactions sera installée, il va vite devenir évident que c'est un moyen de taxer bien plus simple à implémenter et bien plus juste que la batterie de taxes actuelles. Et, si l'Eurozone adoptait vraiment ma proposition d'un plan "0-0-0-0.1%", les résultats pourraient être spectaculaires. Je devrait peut être renommer ma propositiion le plan "0-0-0-0.X%" étant donné que le taux de la taxe sur les transactions pourrait varier selon le pays, et dans le temps, si nécessaire.

Et si un tel plan était en vigueur, on peut se demander pourquoi les multinationaux choisiraient de cacher leurs milliards de profits dans des paradis fiscaux contrôlés par les britanniques dans les Îles Anglo-normandes, les Îles Caïmans etc. En effet, avec une taxe sur les sociétés de 0%, ils feront bien mieux de rapatrier leur argent dans l'économie Européenne où ils pourraient en profiter pour faire des investissements. Le transfert pourrait être réalisé pour seulement 0.1% de la valeur.

Et tant pis pour les britanniques si les milliards des multinationales débarquaient sur le continent plutôt qu'à Londres....

dimanche 2 octobre 2011

Une taxe sur les transactions financières en France?

Il faut vraiment que je dise quelque chose sur l'application d'une taxe sur les transactions financières en France. Nicolas Sarkozy pousse beaucoup, et José Barroso vient de faire une proposition très spécifique pour introduire une telle taxe au niveau Européen.  Les détails de cette proposition, que vous pouvez trouver ici, peuvent se resumer ainsi:
  • Qui sera taxé?
Les principaux contribuables seraient les établissements financiers effectuant des transactions financières, c’est-à-dire les banques, les entreprises d'investissement, d'autres établissements financiers tels que les entreprises d'assurance, les sociétés de bourse, les fonds de pension, les organismes de placement collectif en valeurs mobilières, les fonds d’investissement alternatifs tels que les fonds spéculatifs, etc.
  • Quelles seront les transactions couvertes?
La Commission a proposé que la taxe soit prélevée sur toutes les transactions concernant des instruments financiers effectuées entre établissements financiers dès lors qu'au moins un des établissements financiers parties à la transaction est réputé établi dans l'Union européenne. Les instruments financiers visés sont des produits tels que les actions, les obligations, les produits dérivés et les produits financiers structurés. Le fait que les transactions soient réalisées sur des marchés organisés ou de gré à gré n'aurait aucune incidence, celles-ci seraient taxées dans les deux cas. 
  • Quelles seront les transactions exclues de la taxe? 
Seules les transactions relatives aux instruments financiers sont couvertes par la proposition de la Commission. En d'autres termes, toutes les transactions impliquant les ménages privés ou les PME seraient exclues du champ d'application de la taxe. Par exemple, les emprunts hypothécaires, les prêts souscrits par les PME ou les primes d'assurance ne seraient pas inclus. Ne seraient pas non plus taxés les opérations de change au comptant et les rassemblements de capitaux réalisés par les entreprises ou les organismes publics, dont les banques publiques de développement, au moyen de l'émission d'obligations et de titres sur le marché primaire.
  • Existe-t-il des estimations du montant que la taxe permettrait de récolter?
Avec un taux de 0,1 % pour les obligations et actions et de 0,01 % pour les autres types de transactions, tels que les produits dérivés, la taxe permettrait de récolter environ 57 milliards d'euros par an.
J'étais intrigué par la somme de 57 milliards, qui me semble étonnement bas.  J'ai donc téléchargé des documents le site de la Commission, et plus spécifiquement l'ensemble des documents sur le "impact assessment" - plus de 7 Moctets, avec 18 annexes! L'annexe 12 concerne la façon qu'ils ont utilisé pour faire les calculs. Ils se sont servis de deux bases de données - celles fournies par le FESE (Federation of European Securities Exchanges) qui j'ai récemment examiné sur mon blog en anglais, et les données de la BIS (Bank for International Settlements) que je connais bien.

En fait, la BIS vient tout juste de publié des données préliminaires pour l'année 2010. J'ai déjà épluché celles de la Royaume Unis - en gros plus de £1000 mille milliards de transactions par an (un 1 avec 15 zéros). J’évite de parlé de billions en français car un billion français égale un trillion en anglais américain - un joli faux ami.

J'ai également épluché des données pour la France, que je vous dévoile ici l'essentiel - les données completes peuvent être téléchargé ici en version pdf, et ici en version Excel pays par pays.

D'abord, il y a la Table 8 qui montre qu'en 2010, les transactions utilisées pour les paiements (transferts de crédit, débits directes, paiements par cartes et par chèque) ont totalisées 21.8 mille milliards d'euros.
Ensuite, la Tableau 11, qui comptabilise les transferts inter-banque, montre que le système TARGET2-BDF a effectué 94 mille milliards de transferts en 2010 plus encore 5.1 mille milliards d'euros par le système CORE.

Le tableau 18, révèle que Euronext Paris a exécuté plus de 1,2 mille milliards d'euros d'opérations sur les sécurités, plus plus de 2,1 mille milliards d'euros de produits dérivés.
Le tableau 21 témoigne du rôle de LCH.Clearnet SA - avec plus de 2.5 mille milliards d'euro de sécurités et plus de 4,2 mille milliards de produits dérivés.
Enfin, dans le tableau 26, on trouve les presque 138 mille milliards d'euros de transactions réalisés par Euroclear France. 
En faisant le total, je trouve que la BIS a pu compter plus de 268 mille milliards d'euros de transactions pour la France en 2010.
Ce qui est bizarre est le fait qu'avec une taxe de 0.1% sur cette somme, on devrait se trouver avec des revenues de 268 milliards - un montant qui est près d'un tier des revenues de la gouvernement français - actuellement 952.1 milliards d'euros (voir les données de l'IMF). Autrement dit, largement suffisant pour complètement remplacer bon nombre des taxes existantes.

vendredi 5 août 2011

Ca y est - je me mets au français

J'ai commencé mon blog "Simon Thorpe's Ideas" en octobre 2010. Je l'ai utilisé pour présenter mes idées sur l'économie et la politique - et plus particulièrement pour développer les idées que j'ai avancé dans un article que j'ai écris intitulé "A Flat Rate Financial Transaction Tax to replace all taxes?" (Une taxe sur les transactions financières à taux fixe pour replacer toutes les Taxes?").  Vous pouvez trouver l'article original ici.

Or, le blog et l'article sont uniquement en anglais, ce qui est bien dommage. Surtout, j'aimerais bien que ces idées soient discutées dans le contexte français, plus particulièrement avec les élections présidentielles qui vont bientôt avoir lieu en France. Je crois sincèrement que n'importe quel candidat qui mettait mes propositions dans leur programme aurait de bonnes chances de ramasser beaucoup de votes.