dimanche 13 avril 2014

Monnaie Honnête à Castelnaudary

Ca y est ... mon cousin Chris et moi (cofondateurs de l'Association Monnaie Honnête) avons fait notre première réunion publique hier soir à Castelnaudary. Ca a été annoncé depuis pas mal de temps sur le site de l'association Quai N° 10.

Et voici l'affiche que Chris a distribué au marché, et dans pas mal d'endroits appropriés.
Moi-même j'ai fait un peu de pub... mais pas grande chose, je dois admettre.

Le résultat? Eh bien, il y avait moi, Chris, sa femme Ursula, leur fille Tasmin, Alain (qui s'occupe de la salle pour l'association Quai N° 10) et UNE autre personne - merci Patrice!!

Heureusement, Chris et moi ne sommes pas démotivés. En fait, c'était un très bon occasion pour nous de roder un peu notre discours. Voici, donc, ce que vous avez raté. D'abord le premier diapo...
Ensuite, un rappel du discours de François Hollande le 22 janvier 2012 au Bourget, où il a annoncé que son véritable adversaire était le Monde de la Finance.
Ensuite, j'ai montré une graphique de l'augmentation de la dette publique en France depuis 1970... qui termine à la fin de 2013 avec €1925.3 milliards de dettes - €30 000 pour chaque citoyen en France - c'est à dire €120 000 pour une famille de quatre.
Puis, les mêmes données de dette publique mais en pourcentage de P.I.B. On voit que à la fin de 2013 nous sommes à 93.5% - ce qui nous met sous pression de Bruxelles - car nous n'avons droit qu'à 80% selon le traité de Lisbonne. Bonjour l'austérité. En effet, notre gouvernement est en train de décider comment faire €50 milliards d'économies d'ici 2017. (Note à François Hollande et son gouvernement - les intérêts sur la dette publique = plus de €50 milliards par an).
Mais on voit également deux autres courbes que j'ai calculé. D'abord, en violet, une courbe de la dette publique que l'on aurait eu si on n'était pas obligé de payé des intérêts. On voit que la dette serait restée constante à environ 20% de P.I.B. Et puis, encore plus impressionnante - la ligne bleue qui montre ce qui serait passé si, au lieu de payer des intérêts, les mêmes sommes étaient utilisées pour rembourser la dette. On aurait été bénéficiaire depuis environ 25 ans. Et notre gouvernement aurait pu profiter d'un budget supplémentaire de plus de €1160 milliards (c'est la somme de tous les paiements d'intérêt depuis 1987).

Ensuite, j'ai montré une figure montrant qu'il n'y a pas que de la dette publique de €1925 milliards. Selon les chiffres de la BIS, il y a aussi €1170 milliards de dette de ménages. Et €2140 milliards de dettes pour les entreprises. Ca fait un totale de €5222 milliards - environ €80 000 pour chaque citoyen en France.

Donc, pour nous désendetter, il suffit que chaque citoyen en France trouve €80 000 - et le tour est joué (!)

La question clé est la suivante. A qui doit-on tout cet argent? Les Chinois? Les Sheiks du Golfe?

En réalité, on doit cet argent aux gens qui l'ont crée. Et c'est qui ces gens?

Nous avons montré une jolie séquence de moins d'un minute où on voit des gens qui tente de répondre à la question "Qui crée de l'argent?". C'est Mathieu Leberger qui l'a réaliser. La voici.
video

Ensuite, nous avons montré un autre filme de 10 minutes que vous pouvez trouver sur le web "Comprendre la dette publique (en quelques minutes)". C'est très bien fait!

Après c'est deux filmes, nous avons reposé la question - qui crée l'argent? La réponse, bien sur, est que l'argent est crée de toute pièce par les banques commerciales lorsqu'elles font des prêts.

Mais, pour convaincre ceux qui pourraient croire encore que cette version des faits est littéralement incroyable, j'ai présenté ce qu'a annoncé la Banque d'Angleterre il y a quelques semaines.

Voici un clip du vidéo de la Banque d'Angleterre, où on voit quelqu'un en train de dire précisément ceci (en anglais) :
video


 Et puis pour enfoncer le clou, j'ai montré un clip de Bernard Maris, l'un des économists les plus connu en France, chroniquer sur France Inter, et conseilleur générale à la Banque de France, qui a dis ceci dans un documentaire recent appelé "La Dette".


Voici ce qu'il dit exactement en réponse à la question "D'où vient l'argent que prêtent les banques". Sa réponse est stupéfiante :
"Elles le fabriquent elles-mêmes avec l'autorisation de la banque centrale. Par exemple.... vous achetez un immeuble qui vaut ... €500 000. Et bien, la banque va fabriquer 500 000 euros, à partir de rien. Vous direz elle ne fabrique pas €500 000 de billets. Si - elle fabrique €500 000 de billets, qu'elle peut vous donner. Sauf que c'est une écriture, parce que vous n'allez pas chercher, pour payer votre immeuble, £500 000 en billets - vous le payez par chèque. Mais c'est la même chose. Si vous vouliez le payer en billets, elle vous donnerez £500 mille en billets qu'elle irez demander à la Banque Centrale, parqu'elle dit - voilà, j'ai une créance sur Monsieur, qui vaut 500 mille euros, qu'est ce que vous donnez en échange? Et la banque centrale dit - je vous donne 500 mille euros en billets. Sauf que, comme ces billets ne sont jamais demandés, ça circule sous forme d'écriture. Mais il faut bien comprendre ça. Quand on a compris ça, on a tout compris à la monnaie. C'est que la banque fabrique à partir de rien de l'argent. C'est le métier du banquier. La banque crée ex nihilo de l'argent. Ca c'est quelque chose qui est très difficile à comprendre".

A la fin, et une fois que l'on a compris la nature de la création de la monnaie, nous avons présenté très rapidement les cinq propositions principales de Monnaie Honnête:

Et pour terminer, une liste des quatre façons principales qu'un gouvernement pourrait utiliser de l'argent fourni sans dette par une banque centrale.

Bon, je ne vais pas prétendre que le fait qu'il n'y avait qu'une personne à notre première réunion n'était pas une petite déception... j'avais apporté de quoi boire pour une centaine de personnes!

Mais, maintenant nous sommes rodés. Et nous sommes disponibles pour présenter nos arguments à qui veut bien nous écouter!




dimanche 29 septembre 2013

Ca y est! Monnaie Honnête est parti....

Au mois de mai, j'ai annoncé la création d'une association "Monnaie Honnête".
Il s’agit d’un mouvement francophone, inspiré en partie des propositions de “Positive Money” au Royaume Uni, et membre de l’IMMR “International Movement for Monetary Reform” .
Le but est de sensibiliser le public aux causes réelles de la crise économique à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui.

Et bien, depuis quelques jours, notre nouveau site est maintenant en ligne!

Vous pouvez le consulter à monnaiehonnete.net mais monnaiehonnete.org et monnaiehonnete.fr marchent aussi. 

Si le site est largement inspiré de celui de Positive Money (et il y a des sections qui sont effectivement des traductions des versions originales) nous avons plusieurs suggestions supplémentaires.

Bien évidemment, nous aimerons beaucoup avoir vos retours. Vous pouvez laisser vos commentaires sur toutes les pages.

Et surtout, vous pouvez vous inscrire en allant sur la section "Rejoignez-Nous!".

Nous sommes également à la recherche des personnes francophones intéressées pour participer à la rédaction des textes et la préparation des nouveaux éléments pour le site.

vendredi 31 mai 2013

M1, M2 et M3 en France : Toujours pas de quoi rembourser nos dettes

Je poursuis mes enquêtes sur la quantité d'argent en France par rapport à la quantité de dette.

J'ai téléchargé le dernier bulletin de la Banque de France sur "l'évolution de la monnaie et du crédit en 2012". On trouve le tableau suivant qui donne les chiffres pour la masse monétaire (M1, M2 et M3) pour la zone Euro, et les contributions de la France.  Le voici.
On voit que la valeur de M3 à la fin de Decembre 2013 a été €1 839 milliards, environ 19% du montant de M3 pour l'ensemble de la zone Euro. Mais le problème est que ce montant ne couvre qu'environ 35% de la dette de la France qui s'elève à €5 145 milliards si l'on inclut les €1 834 milliards de dette publique, les €2 163 milliards de dette des entreprises, et les €1 148 milliards de dettes des ménages. Autrement dit, on ne pourrait jamais rembourser nos dettes, même si on pourrait y consacrer toute la masse monétaire.

Mais si on ne compte que la partie la plus "liquide" de la masse monétaire, c'est à dire M1, qui est composé des billets et pièces en circulation et les dépôts à vue, on ne trouve que de €576 milliards. La dette est 9 fois plus important.

Pour moi, cette situation est tout simplement irréaliste. Il faut changer le système. Il faut que les banques centrales et plus spécifiquement la Banque Centrale Européenne soient obligées de fournir la monnaie nécessaire pour sortir de la dette.

samedi 25 mai 2013

Avec un Patrimoine Financier Net de -323 milliards d'euros, la France ne pourra jamais rembourser ses €5145 milliards de dette

Nous sommes en train de lancer notre mouvement "Monnaie Honnête", et j'aimerais bien pouvoir avoir une idée claire sur la situation actuelle.

Je me pose la question suivante. Y'a t'il assez d'argent dans l'économie pour rembourser toutes nos dettes?

En prenant les chiffres pour les 17 pays de la zone Euro, j'arrive à la constatation suivante. La dette publique s’élève à €8795 milliards, la dette des ménages à €6214 milliards et la dette des entreprises à €9435 milliards, ce qui donne un total de €24.5 mille milliards. Ce chiffre est 2.5 fois plus élevé que la masse monétaire (M3) qui s'élève à €9810 milliards.  Mais, je ne suis même pas sur que M3 est le bon chiffre à utiliser. Si l'on prend plutôt M1 comme mesure de la masse monétaire, on trouve un valeur de €5203 milliards qui est moins de 20% de la quantité de dette. Si cet analyse est correcte, il faut injecter environ €19.3 mille milliards d'argent sans dette dans l'Eurozone pour pouvoir éponger les dettes.Voila, donc, la situation de la zone Euro.

Quelle est la situation en France?

D'abord je note que les dettes de la France sont actuellement €1 834 milliards de dette publique, €2 163 milliards de dette des entreprises, et €1 148 milliards de dettes des ménages, ce qui fait un total de €5 145 milliards.

J'ai pris un document de l'INSEE qui s'appelle "Tableaux de l'économie française (Edition 2013)". A la page 121, on trouve un tableau de la Patrimoine national des secteurs institutionnels en France, qui je présente ici.

Si on regarde la dernière ligne (Patrimoine nette), on trouve un chiffre de €13 620 milliards pour l'ensemble de l'économie. Or, il faut noter que le total pour les actifs non financiers s'élève à €13 943, et que si on ne prends en compte que le patrimoine financier, on trouve un déficit de €323 milliards.

En effet, la France est un pays riche, mais les actifs non financiers sont composés en grand partie de ses constructions et terrains (€11 772 milliards), dont €4 282 milliards de logements, €2 145 milliards d'autres bâtiments et génie civil, et €5 344 de terrains bâtis. On trouve également €570 de machines de équipements, et j'imagine que les €1 602 milliards qui reste correspondent à quelque chose (quoi?).

Le problème est que la valeur des constructions et terrains est plutôt fictive ou en tout cas virtuelle. Le jour ou l'on essaie tous de vendre ses propriétés, leur valeurs vont chuter quasiment instantanément. Donc, ce n'est pas la peine d'imaginer que l'on va pouvoir éponger nos dettes en vendant notre patrimoine immobilier.

En effet,  si on considère juste les actifs financiers, on voit que la position n'est pas géniale. Il manque carrement €323 milliards. Certes, les sociétés financiers ont un peu de surplus (€348 milliards), et on trouve un surplus de €2 699 milliards chez les ménages. Or, le surplus des ménages est largement effacé par le trou chez les sociétés non financiers (moins € 2 113 milliards) et les administrations publiques (moins € 1 256 milliards).

Je note que une partie importante des actifs financiers des ménages est dans la forme des "provisions techniques d'assurance" (€1 517 milliards) fournis par les sociétés financières. J'imagine que ce sont des assurances vie, qui ne sont pas vraiment de l'argent facilement utilisable. Une autre partie conséquente est en forme d'actions et en OPCVM (Organisme de placement collectif en valeurs mobilières) qui totalisent €906 milliards. Mais, on peut considérer cette "argent" comme de la dette des entreprises et des banques. Les ménages ne pourraient pas récupérer cet argent sans poser énormément de difficultés à la reste de l'économie.

Pour résumer, je ne vois toujours pas dans ce masse de chiffres où se trouve l'argent que l'on peut utiliser pour effacer les €5145 milliards de dette cumulées.

Autrement dit, il n'y a tout simplement aucun moyen d'échapper à la crise de la dette actuelle par l'austerité. Vous pouvez couper toutes les services publiques, licencier tous les fonctionnaires, supprimer les retraites, taxer tous les revenues à 100%, augmenter la TVA à 100%, et il n'y aura jamais assez d'argent pour rembourser ces dettes. L'argent nécessaire n'existe pas, ni en France, ni dans la reste de l'Eurozone, ni même dans le monde entier.

Je ne vois que deux pistes. Soit les banques accepte d'effacer toutes les dettes (peu probable). Soit, il faut que la BCE émet suffisamment de l'argent sans dette pour que la France et les autres pays de la zone Euro puissent s'en sortir. Les banques centrales des autres pays doivent faire pareil.

Si vous avez d'autres propositions, dites les moi, ou ajouter un commentaire. Sinon, je vous conseil vivement de rejoindre notre mouvement "Monnaie Honnête", et de militer auprès des partis politiques pour inclure une reforme du système monétaire comme élément indispensable dans leurs programmes.

mercredi 8 mai 2013

Le mouvement "Monnaie Honnête" est lancé!

Ca y est!

Avec Claire Boine et mon cousin Chris, nous avons lancé "Monnaie Honnête".

Nous avons déjà des sites web, avec .org et .fr, et un message de bienvenue est en ligne depuis une heure.
 

Il s'agit d'un mouvement francophone, inspiré en partie des propositions de "Positive Money" en Royaume Uni.

"Monnaie Honnête" cherche à sensibiliser le public aux causes réelles de la crise économique à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui.

Nous pensons qu'il existe des solutions, mais elles demandent de revoir les bases même de notre système monétaire.

Dans un premier temps nous nous alignons sur les six propositions de base de Positive Money:  


  1. Retirer aux banques le pouvoir de créer de l'argent
  2. Donner ce pouvoir à une instance  au fonctionnement transparent et démocratique 
  3. Créer de l'argent sans dette
  4. Assujettir la création monétaire à des objectifs décidés démocratiquement
  5. S'assurer que l'argent créé soit directement injecté dans l'économie réelle sans transiter par les marchés financiers 
  6. Assurer aux individus la transparence et le contrôle de la façon dont leur argent est investi 
D'autres idées vont suivre.

Pour promouvoir ces idées, nous créons une association loi 1901, et nous cherchons des gens qui partagent nos principes.

Les idées de Monnaie Honnête n'ont rien de politique, elles relèvent du simple bon sens. Ce sont des idées qui peuvent être reprises par l'ensemble des partis politiques, de droite comme de gauche. 

Nous espérons qu'avec d'autres associations qui ont déjà vu le jour dans les autres pays d'Europe, il serait possible de porter ces idées lors des élections Européens en 2014.


Nous croyons sincèrement que l'on peut changer le monde! 

Pour plus d'informations vous pouvez contacter dès maintenant Claire Boine ou Simon Thorpe  

dimanche 14 avril 2013

Ma nouvelle présentation Youtube "Comment éliminer la dette publique de l'Eurozone sans austerité"

J'ai honte. Ca fait vraiment plus de 8 mois que je n'ai rien mis sur mon blog en français?

Bon, pour essayer de me rattraper, voici une nouvelle présentation Youtube ou vous pouvez admirer mon accent.

Il s'agit d'un enregistrement d'une présentation que j'ai donné hier soir dans le village de Montbrun-Bocage, où on m'a invité à parler pendant une journée sur la thème "La "démocratie" est-elle soluble dans la crise? (ou l'inverse". Voici l'affiche de la réunion...

J'ai bien expliqué que, contrairement à ce qui est marqué sur l'affiche, je ne suis pas du tout économiste! Merci aux organisateurs pour l'invitation. J'étais très heureux de pouvoir faire ma première vraie conférence publique sur l'économie. J'ai bien apprécié la possibilité de débattre avec les gens présents, ainsi qu'avec l'économiste François Morin, avec qui j'ai partagé le plateau.

N'hésitez pas à me donner vos réactions - soit ici, soit sur le site Youtube.

samedi 23 juin 2012

Des Propostions for une Réforme Radicale du Système Monétaire

Et voici. Ma toute nouvelle présentation Youtube....


C'est une version française de ma présentation "Some Radical Proposals for Montary Reform"  que j'ai téléchargée le weekend dernier.

Les principales propositions comprennent deux idées qui ont déjà été proposées comme des gens comme Bill Still, Ellen Brown, James Robertson et le groupe Positive argent (ainsi que Andrew Jackson, Abraham Lincoln, Thomas Edison et JRR Tolkien, pour n'en nommer que quelques-uns!). Tous ont fait valoir que la création de monnaie par les banques commerciales devrait être interdite, et que la création de l'argent devrait être faite sans dette par les états, par l'intermédiaire du Trésor aux Etats-Unis, ou via des banques centrales dans la plupart des autres pays. Ce changement permettrait d'économiser des milliards de l'argent des contribuables qui ont été versés aux banques en tant que frais d'intérêt injustifiés. Les montants sont époustouflant. Les contribuables américains ont payé 8,5 billions de dollars en frais d'intérêt depuis 1988, et les contribuables dans les 27 pays de l'Union européenne ont payé € 5.6 mille milliards depuis 1995. C'est plus de la moitié de la totalité de la dette des états, et il est totalement inutile.Une nouvelle idée est la proposition que la création monétaire par les gouvernements devrait être limité à des actions qui bénéficient d'un soutien massif de citoyens. Je suggère que le seuil pourrait être aussi élevée que 90%. Les décisions pourraient être faites en utilisant un référendum, ou à l'avenir par une certaine forme de système de vote électronique.La seule critique réelle des systèmes dans lesquels les gouvernements sont autorisés à créer de l'argent libre de dette et qu'il y a potentiellement un risque d'inflation. Ma deuxième proposition principale propose une solution qui évite ce problème. L'idée serait d'introduire une taxe sur les transactions financières variable qui sera automatiquement utilisé pour retirer de l'argent en excès du système. Au premier signe de l'inflation, le taux de la TTF serait automatiquement augmenté pour éponger l'excédent. Et s'il y avait la déflation, le taux serait diminué. Le niveau optimal pour la masse monétaire pourrait être déterminée par une autorité indépendante. Notez que cette autorité indépendante n'aurait rien à dire sur la création de l'argent par le gouvernement. Son seul rôle serait de faire varier le taux de TTF  afin de maintenir le niveau de la masse monétaire à un niveau optimal.Dans un tel système, il n'y aurait pas besoin de faire correspondre les dépenses publiques et les recettes fiscales. En effet, les dépenses du gouvernement pourrait être augmenté afin de couvrir les coûts de tout projet qui reçoit un soutien massif du public. Cela permettrait d'augmenter la quantité d'argent naturellement avec l'expansion de l'économie. Il permettrait à un retour au plein emploi, parce que tant qu'il y a des tâches à accomplir dans l'économie, il serait utile de créer l'argent au niveau de l'état afin  de payer les gens à remplir ces tâches. En effet, tant que il y avait encore le chômage et les capacités inutilisées dans l'économie, il est probable que la taxe FTT pourrait avoir un taux très faible.Notez que le régime permettrait d'éviter la possibilité que les gens puissent «vivre de l'État» sur les prestations. A moins que quelqu'un était incapable de travailler, ou qui avaient déjà atteint l'âge de la retraite, il est presque certain qu'ils seraient en mesure de faire quelque chose d'utile. Il est probable que 90% de la population préfère voir des gens payés pour faire quelque chose d'utile pour la société (payés avec l'argent du gouvernement nouvellement créé) que de leur fournir de l'argent pour ne rien faire.Ce sont des idées radicales qui pourraient vraiment changer le type de société dans lequel nous vivons.

lundi 11 juin 2012

Le Secret d'Oz.... un film génial de Bill Still

Si vous suivez mon blog en anglais, vous savez que je suis depuis peu fan des documentaires de Bill Still - "The Money Masters" (1996) et "The Secret of Oz" (2010).

Et ben, bonne nouvelle. Il existe une version en français "La crise économique? Explications  et comment y remedier".

A voir absolument!!

Si vous voulez savoir sortir de la crise - consacrez 2 heures de votre vie pour regarder ce film.

Il y a également une version sous-titrée en français de "The Money Masters" 

lundi 28 mai 2012

Anéantir la Dette

Et voila! Encore une autre présentation Youtube en Français. Cette une version en 13 minutes de ma présentation en Anglais intitulée "Debt Annihilation".

Je propose une nouvelle piste de sortie de la crise de la dette. Spécifiquement, j'envisage la création d'une banque "cityonne" dont le but est d'utiliser le système de création d'argent utilisé par les banques commerciales ("fractional reserve banking") afin de générer "l'argent" nécessaire pour anéantir la dette.

Je donne l'exemple de la Grèce où le gouvernement doit €350 millions. Pour pouvoir créer cette somme, il suffit d'avoir une banque avec un minimum de €30.4 milliards en dépôts, car la réglementation "Bâle III" accepte qu'une banque ne puisse avoir que 8% en dépôt. L'argent crée pourrait être être prêter au gouvernement Grecque pour une période de 1000 ans au taux de 0.0%. Cette argent pourrait être fournis par les contribuables Grecs qui, de toute manières ont payer 15 milliards en intérêts en 2011. En 2 ans, le montant investi pourrait être remboursé.

Le même mécanisme peut être utilisé à tous les niveaux, du niveau national, régional et municipal. Il peut également être utilisé pour sauver les entreprises et les universités de la piège de la dette, ainsi que les individus surendettés.

Alors que la création de monnaie par les banques commerciales est de la pure folie (toute la création de l'argent devrait être dans les mains de banques centrales et dans l'intérêt des citoyens), en attendant son abolition nous pouvons utiliser ce mécanisme pour réparer les dégâts provoqués par des décennies de prêts totalement irresponsables.

lundi 30 avril 2012

Comment régler la crise de la dette - 15 minutes sur YouTube

Je viens de mettre sur Youtube une version française d'une présentation appelée "Solving the Debt Crisis". Ca s'appelle "Comment régler la crise de la dette". La voici


Il s'agit d'une version corrigée. En effet, la version originale, mise en ligne le 29 avril, était truffée d'erreurs. Merci à Michèle et Cécile pour leur aide! L'originale avait déjà eu 29 visites et 2 "J'approuve" avant que je l'enlève. J'espère que cette nouvelle version (qui est un peu plus court) va plaire.

Espérons que ce type de proposition puisse trouver un écho dans la grande publique. En effet, je pense que les arguments sont très fort.

Pour ceux qui n'arrive pas croire que la dette est pratiquement entièrement du à notre système de création de l'argent, où les banques privées ont le droit de fabriquer de l'argent qu'elles ne possèdent pas, le prêter aux gouvernements et demander des intérêts, je vous conseil vivement ce video de 13 minutes

jeudi 22 mars 2012

Mes presentations en Français sur YouTube!

J'ai fait une présentation de mes idées au Toulouse School of Economics le 5 mars 2012. Comme j'ai passé pas mal de temps à préparer la présentation, j'ai décidé de préparer des versions sur YouTube.

Donc, depuis hier, vous pouvez maintenant me voir en train d'expliquer ma proposition de replacer l'essentiel des taxes actuelles par une seule taxe sur les transactions financières. En plus vous pouvez apprécier mon accent impeccable... ;-).

D'abord, je vous conseil la version courte (14minutes 45 seconds) que vous pouvez trouver ici

Sinon, si vous êtes courageux, j'ai filmé la version longue qui durent 41 minutes. Pour le charger sur YouTube j'ai du le découpé en quatre parties.  Les voici.

D'abord la première partie
Deuxième Partie
 
Trosième Partie
 
Quatrième Partie
N’hésitez pas à laisser des commentaires, soit sur le site YouTube, soit ici. Je vais essayer de répondre à tout le monde.

Et n'hésitez pas non plus à cliquer sur "J'approuve"! ou d'envoyer les liens vers vous amis et collègues.

Amusez vous bien! Que la révolution commence!

samedi 14 janvier 2012

Comment briser la mainmise des agences de notation.

Pour la version originale en anglais, cliquer ici.

Standard & Poors vient de déclasser la note pour neuf pays de la zone euro, y compris la France, qui a perdu son statut de "triple A". Nous pouvons donc nous attendre à des mesures d'austérité sanglantes parce que les banques vont réclamer encore plus d'intérêts qu'elles ne le font déjà. Vrai?

Faux!! Il n'est absolument pas nécessaire que les contribuables à travers l'Europe soient obligés d'accepter ce chantage.



L'une des raisons de la dégradation de la note S&P de la France est que les banques françaises sont trop exposées, après avoir prêté de grosses sommes d'argent au gouvernement grec, des sommes que les Grecs  ne peuvent pas rembourser. Ce n'est guère surprenant étant donné que les taux d'intérêt qu'ils paient viennent d'augmenter encore une fois, de 17,92% en Novembre, à 21,14% en Décembre, ce qui signifie que leurs paiements d'intérêt sont maintenant en train de manger 30,6% de leur PIB. Ce niveau d'intérêt est complètement stupide. Peut-être la prochaine étape sera de leur offrir des prêts de type "payday" à 4000%, comme ceux offerts à des millions de gens désespérés au Royaume-Uni?

En réalité, il existe deux façons parfaitement raisonnables de sortir de cette situation ubuesque. La première est basée sur l'idée que j'ai proposé récemment que tire avantage du paragraphe 2 de l'article 123 du traité de Lisbonne, qui permet à la BCE de prêter aux établissements de crédit publics. Ce fait a été délibérément occultée par Mario Draghi, qui prétend que le traité de Lisbonne l'empêche de prêter aux gouvernements. D'après lui, et la quasi-totalité des commentateurs, il n'a le droit  de prêter qu'aux banques commerciales.


Ainsi, lors de la prochaine journée d'activation de la planche à billet que la BCE compte organiser le 29 Février prochain, un établissement de crédit public tel la Caisse française des Dépôts et Consignations pourrait parfaitement emprunter € 340 milliards auprès de la BCE, et le prêter au gouvernement grec, qui pourrait alors utiliser l'argent pour rembourser intégralement les €340 milliards de ses dettes envers les banques. Immédiatement, les Grecs seraient en mesure de rembourser la dette via la Caisse des Dépôts à la BCE à 1%, au lieu du taux 21,14% actuellement imposé par les banques.


Tout le monde devrait être heureux. Les Grecs pourraient économiser quelques € 67 milliards par an en paiements d'intérêts. Mais cela signifie aussi que les banques et les gouvernements dans les autres pays n'auront plus de soucis à cause de leur exposition à la dette grecque. Les chiffres sont présentés dans ce graphique tiré d'une reportage de la BBC.


Ainsi, la France serait en mesure d'amortir € 56,7 milliards d'exposition,  l'Allemagne pourrait récupérer € 33,9 milliards, et même le Royaume-Uni serait en mesure d'annuler € 14,6 milliards. Ca vaut la peine n'est ce pas?


Ceci ne devrait être que du  bon sens pour le gouvernement français. Alors pourquoi ne pas le faire? Allez Sarkozy - faites le dès maintenant, et dites à Standard and Poors ce qu'ils peuvent faire avec leur notes!


Mais il y a une deuxième façon d'extraire les Grecs des sables mouvants dans lesquels ils sont engloutis. Et pour cela, nous n'aurions même pas à attendre la prochaine journée de cadeaux pour les banques de la BCE prévue le 29 Février. Le fait est que, après le 21 Décembre, lorsque la BCE a jeté € 489 milliards d'argent bon marché  dans les bras de 523 banques, la plupart de cet argent a été aussitôt redéposé à la BCE - où le taux de rémunération se limite à 0,25%. Quand j'ai demandé à la BCE qui avait emprunté cet argent, et de combien, on m'a dit qu'il s'agissait d'informations confidentielles. Nous n'avons donc aucun moyen de savoir qui sont ces banques qui n'ont rien de mieux à faire avec 479 milliards.

Mais cela signifie qu'il y a des banques qui se sont assises sur une montagne d'argent qui pourrait très bien être utilisé pour résoudre la crise grecque d'un seul coup. Lundi dernier, il y avait € 464 milliards garés avec la BCE. De toute évidence, les banques sont totalement désemparées. Donc, étant donné l'absence totale
d'idées intelligentes, pourquoi ne pas les obliger à prêter au gouvernement grec les €340 milliards nécessaires pour l'annulation de ses dettes?

En principe, les banques devraient être volontaires pour faire une telle démarche. Après tout, les banques françaises pourraient récupérer  €42 milliards immédiatement. Mais, même si elles ne veulent pas, il doit y avoir un moyen pour la BCE de faire pression sur elles pour se comporter de façon responsable?


Si elles refusent, et je crois qu'elles en sont capables, alorsce serait la démonstration la plus claire possible que les marchés libres sont totalement incapables de fonctionner dans l'intérêt général. En effet, la seule interprétation que je puisse offrir est que les banques refusent de prêter de l'argent au gouvernement grec car cela transgresserait la première loi de la banque - à savoir, si vous pouvez forcer les gens à accepter un prêt à 21,14%, vous ne devriez jamais leur permettre d'obtenir de l'argent à 1% - même si la conséquence directe est l'effondrement total du système financier.


Donc, au total, deux façons parfaitement viables pour résoudre la crise. Une qui pourrait être mise en œuvre aujourd'hui, l'autre qui doit attendre le 29 Février.


Y-a t'il quelqu'un qui écoute?

lundi 9 janvier 2012

Des idées originales pour une taxe sur les transactions en France

Ceci est une version française d'un post en anglais sur mon autre blog. 

Il ya une second voie vraiment dynamisante qui pourrait faire que la France joue un rôle essentiel dans la révolution que la crise financière actuelle exige. C'est l'annonce récente que Nicolas Sarkozy ne fait pas que mettre tous son poids pour obtenir une taxation des transactions financières, mais qu'il est prêt à faire cavalier seul si nécessaire. Je suis sûr que sa position actuelle est largement électoraliste, mais il semble être sérieux. Dans le même temps, il a beaucoup été question de l'idée de remplacer les "Cotisations sociales" par  une «TVA Sociale». C'est une idée qui a été introduite en Allemagne pour réduire les coûts de l'emploi et de stimuler les exportations, mais en France, où les exportations constitue une partie beaucoup plus faible de l'économie, ce serait un désastre total. Augmenter le TVA de 3% (apparemment le chiffre en cours de discussion) tuerait la demande des consommateurs, déclenchant une récession encore plus grande.

Alors, voici une suggestion originale. Pourquoi ne pas combiner la réduction ou l'abolition de ces «charges sociales»  avec la proposition de Sarkozy de proposer une taxe sur les transactions financières? Actuellement, ces «Cotisations sociales" rapportent environ 386 milliards d'euros par an à l'état. 164 milliards sont pour la santé, les prestations familiales, la formation etc,  tandis que 221 milliards concernent  les retraites et les allocations de chômage (j'ai obtenu ces chiffres dans l'ouvrage fascinant par Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, appelée "Pour une révolution fiscale - Un impot sur le revenu pour le XXIème siècle").


Avec  des transactions financières
visibles s'élevant à environ 268 milliard d'euros par an en France (les chiffres proviennent du rapport préliminaire de la BIS pour 2010 qui est sorti en septembre dernier), une TTF modeste de seulement 0,1% permettrait carrément l'élimination d'une des composantes de la "Cotisations sociales" sans avoir besoin d'augmenter la TVA.

Mais la TTF pourrait également jouer un autre rôle éventuel. Et là encore, la France pourrait faire office de fer de lance. Dans mon post récent, j'ai soutenu l'idée que le gouvernement français pourrait emprunter de l'argent auprès de la BCE au taux très favorable offertes aux banques commerciales (environ 1%) en passant par un "établissement de crédit de propriété publique», à savoir la Caisse des Dépôts et des Consignations. De telles structures sont autorisées à emprunter de l'argent de la BCE, un fait qui est resté un secret très bien gardé. La raison est simple. En forçant les gouvernements à emprunter auprès des banques, ces mêmes banques ont été en mesure d'avaler 3,73% du PIB de la zone euro en frais d'intérêt au cours des 15 dernières années, un taux qui est maintenant passé à un incroyable 4,25%. Est-il vraiment surprenant que Mario Draghi, le nouveau chef de la BCE, et qui était précédemment Directeur Europe de Goldman Sachs, la banque connue sous le titre de "blood-sucking vampire squid», impose un droit de veto sur tous ces types de prêts aux gouvernements? Serait-il possible qu'il agisse pour protéger cette opération extrêmement lucrative pour son ex-patron et autres parasites due secteur bancaire?


Citoyen Naif, l'un des commentateurs sur mon post "Eureka" , a signalé un problème potentiel. Ces «agences publicques de crédit" doivent apporter des cautions afin d'obtenir des prêts. Et devinez quoi, c'est les agences de notation qui, normalement, doivent donner ces cautions. Ma première réaction a été "Mon dieu, ils ont vraiment pensé à tout!". Les agences Moody's, Standard & Poor et Fitch pourraient décider que la garantie apportée par la Caisse des Dépôts pour emprunter les €1,59 milles milliards nécessaires au remboursement des banques est insuffisante. Et nous voilà toujours sans moyens d'action immédiat.


Mais en regardant plus en détails les organismes qui sont autorisés à évaluer les garanties auprès du Eurosystem Credit Assessment Framework (ECAF). on trouve (outre
les agences de notation standard), cinq systèmes "Inhouse Credit Assessment Systems" (ICAS), dont l'un est .... La Banque de France! Je suis sûr que la Banque de France serait en mesure de donner une côte de crédit adapté aux actifs proposés par la Caisse des Dépôts!

Mais comment le gouvernement français pourrait-il rembourser les € 1590 milliards à la BCE? Va-t-il prendre un prêt sur trois ans et ensuite dire que tout sera payé avec les intérêts  le dernier jour du terme, comme font aujourd'hui les gouvernement avec les marchés? Une telle décision ne ferait que maintenir la folie du système actuel dans lequel les gouvernements sont en permanence en train de ré-emprunter de l'argent pour rembourser le dernier prêt. Trois ans plus tard, le gouvernement français pourrait être obligé de se mettre à nouveau à genou devant les marchés. Un très mauvaise idée.


Mais j'ai une autre suggestion qui pourrait corriger le système pour de bon. Le gouvernement français pourrait rembourser cet argent sur une période déterminée en utilisant une taxe sur les transactions financières dont le taux peut varier automatiquement afin de garantir que les paiements soient effectués tous les mois. En dehors de toute autre chose, cela pourrait être inscrit dans les statuts, afin d'imposer une véritable règle d'or pour les comptes publics, où les dépenses sont obligatoirement compensés par des recettes. 


Supposons que nous devions rembourser les € 1590 milliards sur 10 ans. Cela nécessiterait de rembourser environ 160 milliards d'euros par an. Avec les transactions visibles de près de 238 mille milliards
par an, ce remboursement pourrait être réalisé avec une taxe sur les transactions financières de  seulement 0,07% - une valeur guère plus grande que celle de 0,05% proposée par  Nicolas Sarkozy.

Quand j'y pense, un tel système serait tellement plus intelligent que le système actuel qui a été clairement inventé par le secteur bancaire pour lui permettre de siphonner un maximum d'argent de l'économie. Et jusqu'ici, ils en ont bien profité. Mais un système qui fonctionne sur la dette continue emprunte une spirale infernale. Prenons un couple de jeunes mariés qui peut emprunter 200 milles euros pour acheter une maison, avec l'objectif de rembourser la somme dans sa totalité augmentée des intérêts de 3.7% le dernier jour de l'emprunt. Bien sûr, il sera très tenté d'oublier le prêt pendant 10 ans pour se trouver avec une dette gonflée à 310 milles euros pour laquelle il leur faudra réemprunter. C'est la fameuse spirale de l'endettement qui a complètement déréglé tout le système financier.


C'est un comportement absurde. Au contraire, il faut rembourser les sommes dues à  échéance régulières, jusqu'à la fin des 10 ans, date à laquelle la dette sera soldée. Si une TTF de 0,07% n'est pas suffisante pour générer les 160 milliards d'euros nécessaires chaque année, alors il faudra l'augmenter. Mais qui pourrait soutenir que, même doublé, un taux aussi faible deviendraient insupportable? 


De toute évidence, l'application d'une TTF à taux variable rendrait les remboursements à la BCE facile à mettre en place.  Alors, quelqu'un peut-il me donner une bonne raison  pour ne pas le faire dès maintenant?

La France, peut-elle sortir l'Europe de la crise?

Ceci est la version française d'un post sur mon blog en anglais.

En tant que résident en France depuis 1982, je suis particulièrement enthousiaste à l'idée que c'est peut être la France qui pourrait nous conduire hors de la crise de la dette. Certains événements récents me donnent des raisons réelles d'être optimiste. Dans ce post, je vais parler de la possibilité d'utiliser la Caisse des Dépôts pour emprunter de l'argent à la BCE. Dans un second post, je vais commenter l'impact des propositions de Nicolas Sarkozy concernant l'introduction d'une taxe sur les transactions financières. 

Le premier événement majeur a été la publication dans Le Monde la semaine dernière d'une tribune de Michel Rocard et Pierre Larrouturou. Michel Rocard est un homme politique français très connu et très respecté  qui fut premier ministre sous-François Mitterand. Pierre Larrouturou est également un économiste très respecté - auteur de plusieurs livres, dont un très récent «Pour eviter le Krach Ultime" est fortement à recommander - voir ici. 

Rocard et Larrouturou mettent le doigt sur un fait vraiment incroyable qui a été ignoré par pratiquement tout le monde. Ils soulignent le scandale des taux d'intérêts demandés aux États,  des taux d'intérêt de 600 fois celles offertes aux banques commerciales
 
Ils ont également souligné un point j'avais également noté dans mon blog du 1er Janvier. Le point de vue -largement accepté-
que le traité de Lisbonne interdit à  Mario Draghi et de la Banque de prêter aux gouvernements,  n'est qu'une imposture. C'est un mensonge propagé sans relâche par les médias, les politiciens, et par le gouvernement allemand. 

En fait, le paragraphe 2 de l'article 123 de ce traité autorise expressément la BCE et les autres banques centrales à prêter à des «établissements publics de crédit». Et quand j'ai expressément demandé à la BCE, mercredi dernier, si un tel établissement de crédit pourrait prêter à des gouvernements, la réponse a été claire. Ils seraient traitées comme des banques, et en tant que tels, ils sont donc libres d'utiliser l'argent de la BCE comme ils l'entendent. 

Par conséquent, dans mon post de jeudi denier ("EUREKA") j'ai soutenu l'idée que, puisque la BCE a déjà prêté des quantités d'argent illimitées d'argent à toute banque qui le demande - 479 milliards d'euros au 21 Décembre - une autre journée «portes ouvertes» étant programmé pour le 29 Février, la solution se trouvait là. Les établissements publics de crédit comme, par exemple, la Caisse des Dépôts et Consignations en France peut parfaitement emprunter tout l'argent qu'ils veulent auprès de la BCE, aux mêmes conditions que celles offertes aux banques commerciales (1% sur 3 ans), le prêter ensuite directement à leur gouvernement, qui peut alors payer la totalité de sa dette auprès des banques. Les banques n'auraient plus l'emprise qui leur permet d'étrangler les états, et qui leur permet de dicter les politiques gouvernementales. La menace des agences de notation de dégrader le cote triple A accordé aux états, avec comme impact l'envolée des coûts d'emprunt n'existerait plus. C'est en effet en utilisant ce type de chantage que les banques ont réussi à extraire € 4300 milliards des poches des contribuables de la zone euro entre 1995 et 2010, un nombre qui constitue 3,73% du PIB de l'ensemble de ces 17 pays. Et avec l'augmentation des taux d'intérêt que les banques ont été en mesure d'imposer depuis le début de la soi-disant "crise Eurozone", les sommes siphonnée par les banques a été portée à € 391 milliards par an, soit 4,25% du PIB.


Comme je l'ai souligné, cela ne peut pas être justifié. Rappelez-vous que, la plupart du temps, les banques qui «prêtent» de l'argent aux gouvernements ne possède pas "réellement" l'argent qu'elle prêtent. Elles ont juste à le créer de toutes pièces par le «miracle» de la "fractional reserve banking". Et  lorsque elles ont besoin d'augmenter leurs finances un peu plus pour maintenir leurs réserves au niveau minimum imposé, il leur suffit se solliciter Mario Draghi pour qu'il leur donne tout ce qu'ils veulent à 0,5% ou 1% d'intérêt. Et ceci avec quasiment aucun risque. Depuis 15 ans, et alors que la probabilité de défaut souverain était effectivement nul, ils ont écrémé entre 250 et 320 milliards d'euros de l'économie de la zone euro chaque année. Maintenant, ils sont allés trop loin en réclamant des taux totalement obscènes - 18% dans le cas de la Grèce par exemple. Mais ils ont quasiment tué la poule  aux œufs d'or car l'arnaque est enfin découverte par des gens comme Rocard et Larrouturou (et plus modestement par moi dans une certaine mesure). Le Magicien d'Oz a fait tourné l'arnaque pendant des décennies, mais l'arnaque est enfin  dévoilée. Et les 99% n’accepteraient plus cette aberration.   

Alors voyons comment cela pourrait fonctionner en France. La France doit actuellement au système bancaire un total de 1591 milliards d'euros. Supposons que la Caisse des Dépôts et Consignations, établissement public créé en 1816, se présente à la BCE le 29 Février  pour déclarer qu'il souhaite emprunter 1591 milliards d'euros.  Comme l'offre de la BCE est illimitée, cela ne devrait pas poser un problème. Pour la  BCE il suffit de taper une rangée de chiffres dans un tableur, et bingo, l'argent est là. C'est ce que les banques centrales peuvent faire. 

Supposons maintenant que l'argent soit immédiatement transféré au gouvernement français au même taux d'intérêt (avec peut-être un petit peu en sus), et  que cet argent soit immédiatement utilisé pour rembourser tous les prêts en cours avec le système bancaire. L'avantage immédiat et évident: le gouvernement français n'aurait besoin de payer les intérêts qu'au taux de la BCE, c'est à dire environ 1%, au lieu des 3,41% actuellement imposés par les marchés. Cela permettrait d'économiser au contribuable français 70% du coût des intérêts qui vont actuellement directement aux banques - soit environ 38 milliards d'euros par an. Pourquoi passer par les banques quand vous pouvez obtenir la même somme pour beaucoup moins cher. Il suffit de shunter l’intermédiaire. Après tout, les banques ne font absolument rien pour justifier les revenus massifs qu'ils obtiennent.

Cette opération aurait un deuxième impact. Les banques qui avaient prêté au gouvernement français pourraient récupérer la totalité de leur argent, ce qui permettrait de stabiliser le système bancaire en réduisant l'exposition des banques à la dette souveraine. Notez au passage que, si vous pouvez penser que remettre1591 milliards aux banques serait  leur donner beaucoup d'argent pour jouer à nouveau, la plus grande partie de cet argent est purement fictive, destinée à  disparaître au moment où les dettes sont remboursées. En d'autres termes, l'opération aurait effectivement peu d'impact inflationniste - l'une des préoccupations du gouvernement allemand. En fait, utilser l'argent de la BCE pour rembourser la dette des gouvernements est infiniment mieux pour la stabilité de la monnaie que de simplement donner de l'argent aux banques, comme Mario Draghi et Mervyn King sont si heureux de faire. 

Je ne vois absolument aucune raison pour ne pas utiliser cette possibilité. Si le gouvernement français ne le fait pas, c'est qu'il n'agit pas  dans l'intérêt des contribuables français.